Feu de conduit, refoulement, alerte au monoxyde de carbone : voici les gestes qui comptent, ceux qu'il ne faut surtout pas faire, et le moment où il faut appeler.
Cette page ne remplace pas les secours. Si un feu s'est déclaré ou si vous suspectez une intoxication, appelez d'abord — vous lirez la suite après.
Comment le reconnaître : un ronflement puissant dans le conduit, des flammèches ou des escarbilles qui sortent de la souche sur le toit, une odeur âcre, une chaleur anormale du conduit, parfois des craquements. C'est le bistre accumulé dans le conduit qui s'enflamme.
⚠️ Ne jetez pas d'eau. C'est le réflexe naturel, et c'est le plus dangereux. L'eau projetée sur un conduit porté à très haute température provoque un choc thermique : le conduit peut se fissurer, et la vapeur produite instantanément peut vous brûler gravement. Les sources sérieuses s'accordent sur ce point.
Un feu de conduit ne s'arrête pas quand les flammes s'éteignent. Le conduit a subi des températures extrêmes : il peut être fissuré, déformé, ou avoir perdu son étanchéité. Le rallumer sans contrôle, c'est risquer un second sinistre — et une installation non vérifiée peut poser problème vis-à-vis de votre assurance.
Avant toute réutilisation, le conduit doit être vérifié par un professionnel. Nous réalisons ce contrôle, ainsi que l'inspection caméra qui révèle les fissures internes invisibles à l'œil, et les travaux de fumisterie si le conduit doit être repris.
Le monoxyde de carbone (CO) est invisible, inodore et sans goût. C'est ce qui le rend si dangereux : rien ne signale sa présence, et il agit vite.
Les signes d'une intoxication : maux de tête, nausées, vertiges, fatigue anormale, confusion — souvent chez plusieurs personnes du foyer en même temps, et parfois chez les animaux. Des symptômes qui s'atténuent quand on sort du logement et reviennent quand on rentre doivent particulièrement alerter.
Une alerte au monoxyde signale toujours un dysfonctionnement : conduit obstrué, tirage insuffisant, appareil mal réglé, ventilation bouchée. L'origine doit être identifiée avant toute remise en service. Un ramonage et un contrôle de l'installation sont le point de départ.
💡 La prévention. Un détecteur de monoxyde coûte quelques dizaines d'euros et se pose en cinq minutes. Associé à un ramonage annuel et à des entrées d'air dégagées, c'est la meilleure protection contre un danger qu'aucun sens humain ne peut détecter.
Ce que c'est : au lieu de monter dans le conduit, les fumées redescendent et se répandent dans le logement. C'est désagréable, ça salit — et surtout, c'est le signe que l'évacuation ne fonctionne pas correctement.
Un refoulement occasionnel par grand vent peut être sans gravité. Un refoulement répété doit être diagnostiqué : c'est le signe que le conduit ou l'installation présente un défaut, et le risque d'intoxication au monoxyde n'est jamais loin.
Une odeur de fumée ou de suie qui s'installe, même appareil éteint, n'est jamais normale. Elle signale que des fumées ou des odeurs s'échappent du circuit d'évacuation.
Les causes fréquentes : un joint de porte usé qui ne ferme plus hermétiquement, un raccordement fatigué entre l'appareil et le conduit, une trappe de visite mal refermée, ou un conduit qui a perdu son étanchéité.
Ce qu'il faut faire : aérer, ne pas utiliser l'appareil tant que l'origine n'est pas identifiée, et faire contrôler l'installation. Ce type de fuite s'aggrave avec le temps.
Un poêle à granulés qui se met en sécurité le fait pour une raison. Ne le forcez pas à redémarrer sans avoir compris pourquoi.
Les causes les plus courantes :
Appareil éteint et refroidi, vous pouvez contrôler que la trémie n'est pas vide, que le creuset est propre et bien positionné, et que le tiroir à cendres n'est pas plein.
⚠️ Un point de sécurité important. Si vous devez débrancher l'appareil, arrêtez-le d'abord par sa procédure habituelle et attendez la fin de son cycle d'arrêt. L'extracteur continue de tourner quelques minutes après l'extinction pour évacuer les dernières fumées : couper le courant trop tôt les renvoie dans la pièce.
Si l'alarme persiste après ces vérifications, ou si elle revient régulièrement, l'appareil a besoin d'un entretien complet. Une alerte récurrente signale presque toujours un encrassement de fond que le nettoyage courant ne suffit plus à traiter.
Une vitre qui se voile légèrement est normale. Une vitre qui devient noire en quelques flambées ne l'est pas : c'est le signe d'une combustion incomplète, et donc de dépôts qui s'accumulent aussi dans votre conduit.
Les causes habituelles : du bois trop humide, un feu conduit au ralenti, une arrivée d'air trop fermée, un appareil surdimensionné pour la pièce, ou un tirage insuffisant.
Ce que ça implique : ce que vous voyez sur la vitre se dépose aussi, invisible, dans le conduit. C'est ainsi que se forme le bistre — le dépôt goudronneux à l'origine des feux de conduit.
→ À lire : le bois humide, le feu au ralenti et le bistre.
Comment le repérer : un tirage soudainement mauvais au retour de la saison de chauffe, des bruits dans le conduit, des brindilles ou débris qui tombent dans le foyer, ou une fumée qui refoule dès l'allumage.
Ce qu'il ne faut pas faire : allumer un feu « pour déloger ce qui bloque ». Une obstruction empêche l'évacuation des fumées, et donc du monoxyde de carbone.
Ce qu'il faut faire : ne pas utiliser l'appareil, et faire ramoner et contrôler le conduit. Un grillage anti-oiseau posé sur la sortie évite durablement le problème sans gêner le tirage.
Faites ramoner. Le décret n° 2023-641 impose un ramonage du conduit au moins tous les 12 mois en logement individuel. Ce n'est pas une formalité administrative : c'est ce qui empêche le bistre de s'accumuler jusqu'au point où il s'enflamme.
💡 Notre conseil de prévention, au-delà du minimum réglementaire : pour un appareil au bois ou aux granulés qui assure le chauffage principal, la bonne pratique est de ramoner deux fois dans l'année. La recommandation officielle fixe le repère à 6 m³ de bûches ou 2,5 tonnes de granulés. Une prévention conseillée, à côté de l'obligation légale des 12 mois. Ce que nous constatons chaque hiver : un conduit ne s'encrasse pas au même rythme d'une année sur l'autre. Qualité du combustible, rythme des feux, météo — dès qu'un paramètre se dégrade, un contrôle en cours de saison se justifie.
Brûlez du bois sec. Un bois humide encrasse le conduit à toute vitesse, chauffe mal, et double le travail de votre installation. C'est la première cause d'encrassement.
Ne bridez pas votre feu. Un feu maintenu au ralenti pour « tenir la nuit » brûle mal et produit beaucoup plus de dépôts qu'un feu vif.
Installez un détecteur de monoxyde. Quelques dizaines d'euros contre un danger que rien ne signale.
Ramonage, contrôle du conduit, inspection caméra : nous intervenons en Seine-et-Marne, Val-de-Marne, Essonne et Seine-Saint-Denis — et dans toute l'Île-de-France pour les prestations d'entretien de poêle à granulés, de débistrage et de fumisterie.
Devis gratuit